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Djoda 2016

Le bétail camerounais en fête à Ngaoundéré

Publié le 10/01/2017 - 14:22
Ousman Chehou  et sa chèvre djalonke  à quatre cornes.  Photo : Silas Bayebane

La Djoda, foire au bétail organisée par la confédération des éleveurs de bétail du Cameroun, s’est tenue du 12 au 14 décembre. Le Gabon, le Tchad et la République centrafricaine y participaient.

 

Le rendez-vous annuel qui rassemble depuis trois éditions les éleveurs de bétail, venus de tout le Cameroun, a été inauguré le 12 décembre par kildadi Taguieke Boukar, gouverneur de la région de l’Adamaoua. Pour cette troisième « édition », le Djodda a enregistré la participation sous-régionale de la Cemac à travers la Cebevirha, représentée par le professeur Toussaint Bengone Ndong, son directeur général et Richard Ndong, directeur des études économiques, de la planification et des échanges.

Comme en 2015, la ville de Ngaoundéré a vibré au rythme des seigneurs du bétail venus célébrer le fruit des avancées enregistrées dans leur activité. Près de 117 entreprises et organisations paysannes ont répondu à l’appel des organisateurs repartis. Représentant des secteurs comme le médicament vétérinaire, les produits dérivés d’origine animale ou les services, ces entreprises ont donné à voir pendant trois jours à près de 800 visiteurs venus du Cameroun et de la sous-région.

Malgré le manque d’organisation de la filière – absence de communication et difficulté à inventorier les ressources animales –, il faut tout de même saluer l’arrimage progressif des éleveurs aux techniques modernes de production. Plusieurs d’entre eux, producteurs de lait et de viande ont pu réaliser d’encourageants résultats au travers de la génétique par l’introduction progressive de certaines espèces étrangères. à l’instar des génisses métisses qui, il y a quelques années, étaient inconnues des acteurs de la filière bovine au Cameroun.

De légères améliorations à relativiser mais à encourager quand on connaît l’attachement des éleveurs aux méthodes rustiques de production traditionnelle. Méthodes dont ils peinent à se débarrasser car ils demeurent plus orientés vers des élevages de type familial. « Je salue les éleveurs qui s’approprient de plus en plus les méthodes modernes de production. Il y a de plus en plus de métissage dans les élevages locaux. Résultat, des quantités importantes de lait sont enregistrées chez les éleveurs et c’est à encourager », a relevé le ministre de l’Élevage le Dr Taiga.

À côté des efforts des éleveurs, c’est la volonté politique qui est à saluer. 

En effet, lors du Djodda 2015, le ministère avait annoncé la construction d’un abattoir moderne et industriel dans la région de l’Adamaoua. Les travaux de cet ouvrage étant suffisamment avancés, l’infrastructure pourrait être opérationnelle courant 2017, a assuré le Dr Taiga. 

De plus, et afin de maîtriser les épizooties, il a été évoqué la création « très prochaine » d’une annexe du laboratoire national d’analyse vétérinaire (Lanavet) afin de faciliter les diagnostics et les prises en charge des animaux.

Agé de 8 ans et pesant 1 069 kg, ce taureau, croisement d’un montbéliard et d’une mbewedji locale, a remporté le 1er prix. Photo : Silas Bayebane

Sur le plan de l’organisation, et c’est une tradition lors de cette foire, un grand parc d’exposition d’animaux toutes races confondues a été aménagé afin de permettre aux éleveurs d’exposer les atouts de leurs cheptels. 

On a pu voir des originalités telles des moutons goudali à quatre cornes, des taureaux Aku, des taureaux goudali, des génisses djafoun, des taurillons métis etc. Des animaux provenant essentiellement des régions septentrionales du Cameroun.

Cette tendance confirme la vitalité de l’activité dans cette partie du pays et le mérite des éleveurs malgré l’instabilité sécuritaire enregistrée dans certaines de leurs zones d’activité. Ces derniers ont d’ailleurs reçu des prix spéciaux à l’issue de la foire.

Par ailleurs, quelques détails d’organisation ont laissé au visiteur un gout d’inachevé, à l’instar de la non-indication nominale des animaux et de leurs caractéristiques comme cela se fait dans des Salons équivalents. La forte poussière a aussi quelque peu perturbé la sérénité de l’événement.

 

Zoom : création de la Crebac
La présence des délégations centrafricaines, tchadiennes et gabonaises a relevé le prestige de l’édition 2016 du Djodda Dabadji. Cette participation a débouché sur la création de la Confédération régionale des bovins de l’afrique centrale (Crebac), avec la mise en place d’un comité directeur chargé du démarrage des activités de l’institution. Ces activités devraient améliorer l’ensemble de la chaîne de valeur du secteur de l’élevage bovin dans la sous-région. L’objectif étant d’assurer la couverture des besoins des populations de la Cemac en produits halieutiques et du bétail.

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