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La nutrition des poulets de chair

Comment maximiser les performances de la phytase

Publié le 29/11/2018 - 14:40
La nutrition des poulets de chair. © Manhattan001/Fotolia

Le calcium joue un rôle crucial dans l'efficacité alimentaire du phosphore (P), un point important dans la production des poulets de chair. C’est la raison pour laquelle optimiser les niveaux de calcium disponible en fonction du phosphore peut contribuer à améliorer les résultats de l’alimentation. Pour maximiser les performances de la phytase, il faut tout d’abord optimiser les valeurs de matrice du calcium.

Par le DR Yueming Dersjant-Li, Dupont

 

Lorsqu'ils élaborent des aliments visant à maximiser les revenus des élevages, les nutritionnistes ne s’intéressent habituellement pas au calcium (Ca), un ingrédient peu onéreux, principalement apporté par le carbonate de calcium. Dans la formulation et la fabrication de l’aliment, le carbonate de calcium était traditionnellement utilisé comme matériau support ou de remplissage. Son rôle dans l'efficience du phosphore a été largement sous-estimé.

 

Le lien entre Ca et P

La formulation d'un aliment a souvent pour objectif de répondre aux besoins minima de l’animal en termes de phosphore disponible, en utilisant la méthode du « break-point » (point d'inversion) aussi appelée méthode de l’estimation des besoins, afin de réduire l’excrétion du phosphore. Les besoins en calcium de l’animal sont déterminés par un ratio optimal calcium/phosphore défini par les entreprises de sélection avicole. Maintenir ce ratio calcium/phosphore (Ca/P) est une opération d’équilibre délicate car elle met en jeu des réactions moléculaires complexes.

Il faut noter que c’est ce ratio, et non nécessairement le niveau de calcium lui-même, qui a une influence sur les performances. Un ratio Ca/P trop élevé entraînera une diminution des performances. Lorsque les niveaux de phosphore ne répondent qu’aux besoins minima de croissance, le calcium se chélatera aux phytates dans l’intestin grêle de l’animal, rendant ainsi le phosphate issu des phytates inaccessible. Il peut en résulter un déficit en phosphore et donc une réduction de la digestibilité et des performances. Des niveaux élevés de calcium augmentent également le pH dans le proventricule et le gésier, avec un effet négatif sur la digestion. Un excès de calcium aura moins de conséquences négatives, si les niveaux de phosphore répondent ou dépassent les besoins minima de l’animal. Cependant, l’animal excrètera l’excès de calcium dans les urines, augmentant alors les coûts énergétiques de maintien de l’équilibre Ca/P. La phytase est une enzyme couramment utilisée dans les rations pour dégrader les phytates et rendre biodisponible le phosphore digestible.

Idéalement, la phytase doit être à son pic d’activité dans la partie supérieure du système digestif, à bas pH, afin de dégrader rapidement les phytates avant qu’ils ne se lient au calcium. Il est possible de maintenir l’équilibre entre le phosphore et le calcium en présence de phytase.

 

La valeur de matrice du calcium

Il est bien connu que les niveaux de calcium ainsi que la taille des particules de la source de Ca (facteur de solubilité) peuvent modifier l’efficacité de la phytase.

Par exemple, une étude a montré qu’un ajout de 0,5 % de calcium provenant du carbonate de calcium réduit la digestibilité du phosphore de 63 % en l’absence de phytase, de 26 % dans une ration supplémentée en 3-phytase et de 41 % dans une ration supplémentée en 6-phytase.

L’impact du calcium sur l’efficacité de la phytase est directement lié à l’activité de de cette dernière dans la partie supérieure du tractus intestinal où les phytates sont les plus solubles, car le pH est bas. Une phytase qui est très active à bas pH dans la partie supérieure du tractus intestinal dégradera les phytates plus rapidement et plus complètement : il restera moins de phytates pouvant être liés à l’excès de Ca dans l’intestin grêle, réduisant ainsi l’effet négatif de l’excès de calcium. La phytase augmente donc aussi la disponibilité du Ca. C’est la raison pour laquelle il faut obtenir la valeur de contribution en calcium (ou valeur de matrice) afin de maintenir l’équilibre Ca/P quand la phytase est utilisée dans la ration.

Digestibilité iléale du phosphore
À défaut, il peut se produire un déséquilibre calcium/ phosphore, avec des effets négatifs sur la digestion et les performances. Comme chaque phytase possède un profil de pH unique, les valeurs de la valeur de matrice du calcium devront être définies pour chaque phytase. Deux études ont permis de déterminer le ratio optimal Ca/phosphore digestible pour Axtra® PHY dans les rations destinées aux poulets de chair. La première étude a démontré qu’un ratio de 1,25:1 d’apport en calcium/phosphore digestible optimisait l'indice de consommation de l’aliment, tandis que la deuxième a montré qu’une augmentation du ratio d’apport en calcium/phosphore digestible augmentait la digestibilité iléale du phosphore (Figure 1).

Augmenter le ratio d’apport en calcium/phosphore digestible lors d’une supplémentation en phytase réduit également l'indice de conversion (I.C.) des aliments et le coût de l’aliment par kilo de gain de poids corporel. Ces données montrent qu’un ratio de 1,25:1 d’apport en calcium/phosphore digestible pour Axtra® PHY permet un meilleur équilibre entre Ca et P dans l’alimentation des poulets de chair.

Efficacité avec une phytase à action rapide

Maximiser l’efficacité de la phytase est un facteur important en production animale, car la phytase peut faire plus que juste libérer le phosphore. On a montré que la phytase augmentait la disponibilité des acides aminés, de l’énergie et des minéraux, facteurs clés pour améliorer les performances de croissance et d'efficacité alimentaire.

Activité phytasique
Plus la dégradation des phytates est rapide, meilleurs sont les résultats pour l’animal. Pour cela, la phytase doit être hautement active dans l’environnement acide de la partie supérieure de l'appareil gastro-intestinal.

Une étude a examiné in vitro l’activité de six différentes phytases en fonction du pH afin de déterminer leur activité dans l’environnement normal de l'intestin. Axtra® PHY (« Phytase 1 ») est la plus active au pH habituel de l’estomac, démontrant ainsi sa capacité à dégrader les phytates plus rapidement que les produits concurrents (Figure 2).

Réduction du précipité Ca-phytate
La bio-efficacité supérieure d’Axtra® PHY a également été mise en évidence dans une deuxième étude in vitro (Figure 3), qui a montré qu’il fallait un temps d’incubation moindre à pH 2,5 pour réduire la quantité de précipité calcium- phytates dans l’intestin grêle. Cette rapidité d’action est primordiale, car le temps de transit dans la partie supérieure du tube digestif est très court.

Outre la dégradation rapide des phytates dans la partie supérieure du tube digestif pour une meilleure libération et une absorption plus rapide des nutriments, il a également été montré qu’Axtra® PHY augmente la minéralisation osseuse, la digestibilité des acides aminés et l’absorption globale des nutriments.

 

Des outils pour un dosage optimisé

Alors que certains fabricants d’aliments s’appuient sur le calcium disponible pour formuler leurs aliments, la plupart préfèrent encore considérer le niveau de calcium total. Il est néanmoins clair qu’un apport de calcium adapté à la phytase est un composant important du maintien d’un ratio optimal calcium/phosphore, car le plus n’est pas forcément le mieux . De fait, un apport exagérément élevé de Ca pose un risque de faiblesse des pattes, surtout en cas d’utilisation de carbonate de calcium ayant un faible taux de digestibilité du calcium. L’apport optimal en Ca pour la phytase est fonction de la composition de l'aliment, de l’âge et de l’espèce de l’animal ainsi que des niveaux de Ca alimentaires. Si la contribution en Ca est optimisée, elle peut faire économiser jusqu’à 0,4-0,7 US$ par tonne d’aliment. Mais connaître les dosages appropriés, facteurs de réussite, nécessite des investissements constants dans la recherche et l’innovation pour produire des données spécifiques à l’espèce, au stade de production de l'aliment, applicables par les nutritionnistes. Grâce au programme Optimize Feed, Danisco Animal Nutrition travaille sur l’optimisation du dosage des phytases, pour des performances maximales. Le programme Optimize Feed est un outil en ligne unique qui utilise des valeurs de matrices basées sur une méta-analyse de 10 essais sur poulets de chair portant sur la digestibilité iléale et la rétention en fin de tractus digestif du P et du Ca. Il calcule la dose optimale de phytase nécessaire à l'optimisation des performances et des coûts. Par exemple, les économies par tonne d’aliment peuvent atteindre 4 $ en utilisant la matrice recommandée pour le Ca et le P digestible et 13 $ en y ajoutant la matrice pour l'énergie et les acides aminés digestibles.

 

Pour plus d'informations, merci de nous contacter: info.animalnutrition@dupont.com

Ou visitez notre site web: www.animalnutrition.dupont.com

 

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